Heure Outre-Atlantique

Martinique: 06/02/2012 04:55
Métropole: 06/02/2012 09:55

Quelques photos

Maman Koalate
Maman Koalate
Sur la plage d'Orient Bay
Sur la plage d'Orient Bay
Corail mou
Corail mou
Corinne hypnotise Emilie et Pierre
Corinne hypnotise Emilie et Pierre
À la plage
À la plage
La danse (Henri Matisse)
La danse (Henri Matisse)

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Météo des cyclones

C’est certain, je n’ai jamais été aussi attentif aux prédictions météo que depuis que je vis sous les tropiques…
Il ne s’agit pas ici seulement de savoir si on va mettre un pantacourt ou un bermulong le lendemain, ou si on sort le parapluie ou la crème solaire…
Tout l’été, après le bulletin météo habituel, s’ajoute la « météo des cyclones ».

Les principaux phénomènes dépressionnaires de la zone intertropicale sont étudiés avec attention, et nous suivons assidument l’évolution de chaque onde ou tempête qui s’approche de nos îles.
Au boulot, mes collègues m’ont transmis l’habitude de consulter régulièrement le site SXM CYCLONE, ou le volet DTOM de Météo France.
Assurément, le cyclone Dean de l’été dernier a été un traumatisme qui a marqué les consciences ici.

Heureusement nous ne sommes pas victimes de tous les phénomènes de la saison humide en Atlantique Nord, et cet été est plutôt calme pour la Martinique.
Si le cyclone Gustav, dont vous avez peut-être entendu parler aux infos nationales (il a déjà fait des morts dans les Grandes Antilles et s’apprête à saccager la Louisiane), nous a apporté du mauvais temps le week-end dernier alors qu’il n’était encore qu’une tempête, a contrario la tempête tropicale Hanna, passée bien plus au nord, a « aspiré » les nuages et nous a offert une fin de semaine et un week-end très ensoleillés !

L’observation de ces phénomènes de visu s’avère assez fascinante : les cieux Martiniquais, que j’ai trouvé magnifiques dès l’instant où j’ai posé les pieds ici, sont à cette saison parés de nuages d’une hauteur et d’une puissance impressionnantes. L’évolution rapide du temps permet des lumières incroyables, des doubles arcs-en-ciel complets, des orages inquiétant laissant en quelques heures la place à un ciel bleu d’une incroyable pureté.
Pas facile de vous donner des photos de tout ça : je profite de ce spectacle le plus souvent sur la route (ça a du bon, les bouchons !), et l’appareil photo peine à retranscrire l’intensité dramatique de tels cieux…

Mais croyez-moi sur parole : même à la « saison des pluies », la Martinique recèle des trésors inattendus !

De la circulation routière comme de la spéculation boursière

La Route Nationale que j’emprunte presque tous les matins (mais rassurez-vous, je la rend le soir) me fait immanquablement passer par une zone d’embouteillages réguliers, un peu avant Ducos. (Il n’y a vraiment qu’en passant avant 6h30 le matin, pendant que les routes sont moins encombrées l’été, que j’ai pu me contenter de simples ralentissements.)
En ce lieu dit Génipa, les ingénieux ingénieurs de la voirie ont cru bon de réduire le nombre de voies de 2+2 à 2+1, puis 1+2 (la voie centrale change de sens, sans passer par le mode « choc frontal », heureusement), puis 2+2 à nouveau, quelques centaines de mètres plus loin.

Embouteillages en Martinique

Dans le sens de l’aller (de chez-moi à mon boulot), les choses sont encore plus subtiles : environ une centaine de mètres avant que la chaussée de la N5 ne se réduise à une seule voie, il y a une sortie et une voie de décélération sur la droite, qui descend vers un rond-point d’où partent plusieurs petites routes, mais surtout, à partir de ce rond-point, il est possible de retrouver une voie d’accélération qui rejoint la N5 plus loin, juste avant le resserrement.
Cette voie latérale offre donc une troisième voie aux tricheurs sans scrupules, qui font semblant de sortir de la route principale pour y re-rentrer un peu plus loin, ayant au passage « doublé » quelques dizaines de voitures coincées dans l’embouteillage de la Nationale. Bien sûr leur ré-entrée dans le flux des voitures collées au touche-à-touche n’est pas simple, mais des conducteurs aussi dénués de scrupules ne s’encombrent pas vraiment de la lecture du « cédez-le-passage ».

Une première constatation s’impose : en forçant leur entrée dans une circulation déjà trop dense, ces indélicats amplifient le ralentissement derrière, et constituent donc l’une des causes du bouchon qu’ils cherchent eux-même à tout prix à contourner.
Pas besoin d’avoir fait Math Sup’ pour comprendre donc que plus il y a de tricheurs, plus il y a de bouchons… donc plus il y a de tricheurs… donc plus il y a de bouchons…
On entre tout droit dans le domaine de la Théorie des Jeux, branche amusante des mathématiques qui s’intéresse aux situations (pas forcément ludiques) où les choix de plusieurs protagonistes ont des conséquences pour l’ensemble d’entre eux.
On est même clairement ici dans un jeu à somme non-nulle, c’est-à-dire que la « stratégie » adoptée par les tricheurs est globalement dommageable pour tous les conducteurs.

Plus subtile que la stratégie des malhonnêtes (mais visibles) adeptes de la « troisième voie », est celle des conducteurs qui décident de rester sur l’axe principal, mais qui peuvent encore, avant le resserement des voies,  choisir entre celle de gauche et celle de droite.
Ma fréquentation très régulière de cet embouteillage m’a permis d’observer quelques phénomènes réguliers…
Au tout début du bouchon, la voie de gauche est souvent la plus encombrée : d’une part les « doubleurs fous » s’y collent comme des mouches dès qu’ils voient un autre véhicule à l’horizon (a fortiori, quand ils voient quelques centaines de véhicules agglutinés à l’horizon, ils ont le clignotant gauche qui se met à baver comme un chien de Pavlov qui écouterait un concert de carillons) ; d’autre part, la voie de droite s’allège des tricheurs qui empruntent la sortie comme si de rien n’était.
Un peu plus loin, une fois que les deux voies principales ont adopté à peu près le même rythme, c’est la voie de droite qui devient la plus encombrée, du fait du retour sournois des tricheurs sus-cités.
Enfin, sur le dernier tronçon à 2 voies, les deux files se suivent au coude-à-coude, jusqu’au bout du bout du resserrement, certaines voitures restant parfois mesquinement côte-à-côte alors qu’il n’y a déjà plus qu’une seule voie depuis plusieurs mètres, chacun essayant de grapiller la Place Ultime qui mène, selon les fabuleuses légendes automobilistes, au Walhalla du Resquilleur, au Nirvana du Doubleur, au Paradis du Bienheureux Egoïste qui peut jouir pour l’éternité des quelques centièmes de secondes qu’il a gagné sur son rival…

Tout ceci, un jour, m’a fait penser à la bourse, à la spéculation en général.
Je ne suis sans doute pas le premier à faire le rapprochement, mais cela m’a frappé : le comportement de chaque automobiliste a des répercussions sur la dynamique de l’embouteillage, et donc potentiellement sur le choix de comportement adopté par tous les automobilistes situés derrière.
On pourrait penser que cette boucle rétroactive permet d’ajuster les comportements au mieux, mais non : comme dans beaucoup de simulations de la Théorie des Jeux, certaines stratégies pourtant dommageables à l’ensemble des protagonistes se maintiennent, en dépit de tout bon sens.

C’est que derrière le choix, apparemment  anodin, d’une voie de circulation, se cachent à mon avis les mêmes ressorts que derrière ceux de la spéculation, ou même de bien d’autres choix qui conditionnent notres rapports aux autres.
Chaque boursicoteur, ou chaque parieur, effectue son choix en espérant que ce soit le bon, mais surtout que cela ne soit pas le choix de la majorité des autres : si trop de gens pariaient sur le bon cheval, les gains seraient partagés en quantités de petites parts, ce qui est certainement aussi insupportable pour un parieur que le partage communiste pour un ultra-libéral…
L’embouteillage, comme la bourse, révèle la balance que chacun incline, au fond de soi, entre son propre intérêt, celui de son voisin, et celui de la collectivité tout entière.

Les « tricheurs de la troisième voie » sont peut-être les équivalents routiers des dirigeants d’Enron, qui maquillent grossièrement leurs minables fraudes, sans se soucier de l’impact que ça a sur le reste du traffic (ou des salariés, ou du marché, ou du tiers-état, rayer la mention inutile).
Les « doubleurs compulsifs » et les « instables », qui changent de voie tous les 10 mètres, dès qu’ils croient déceler une lenteur moins ostensible dans la voie d’à côté, sont les boursicoteurs frénétiques qui vendent et achètent compulsivement, en croyant que tout ça, à défaut de mieux faire avancer le monde, va stimuler le marché, et leur permettre de gagner quelques médiocres places (ou dollars, ou euros) que le voisin.
Il existe certainement quelques « fins stratèges », qui analysent l’ensemble du problème, mettent la route en équations, afin de dégager la tactique optimale (soit pour eux-mêmes, soit pour le bénéfice du trafic, selon leur degré d’altruisme).
Et enfin, les « endormis » (j’en suis, souvent), qui restent flegmatiquement dans la même voie tout au long du bouchon, sont les réfractaires à la spéculation, qui observent les comportements des autre sans vouloir (ou sans savoir comment, pour certains) améliorer leur propre sort, et surtout sans vouloir aggraver la situation…

Si j’ajoute à cela le constat que beaucoup de « tricheurs » sont au volant de 4×4 ou de voitures style Jacky-Touch adeptes du Tuning et des basses assourdissantes, ne croyez-vous pas, comme moi, que les comportements au volant, comme face à un portefeuille d’actions ou un ticket de PMU, sont le miroir de nos valeurs les plus profondes, et de notre respect (ou absence de respect) pour autrui ?

Une Canadienne perdue en Martinique

Quelques jours avant le retour de Maïna et l’arrivée de Jérôme et Vincent, tant que la chambre d’amis était encore libre, j’ai à nouveau œuvré pour la charité altruiste du Couch-Surfing, en hébergeant Celeste, une Canadienne anglophone originaire d’Ottawa.

Elle devait être de passage en Martinique, avant d’aller passer deux semaines dans la verdure de l’île voisine de la Dominique (anglophone aussi)… Sauf qu’en allant à Fort-de-France prendre ses billets de bateau, elle a découvert qu’il ne restait plus une seule place, ni par l’Express des Îles, ni même par aucune des compagnies aériennes qui effectuent ce trajet. Même histoire vers l’ile de Saint-Lucie, située de l’autre côté de la Martinique, sur laquelle elle était prête à se rabattre.
Une sacrée déconvenue pour elle, d’autant qu’elle avait déjà réservé certains de ses hôtels en Dominique, qui ont eu la délicatesse d’encaisser son paiement au motif qu’elle annulait trop tard. Pourtant, elle avait appelé la compagnie « l’Express des Îles » depuis le Canada il y a plusieurs semaines, et on lui avait dit qu’il n’y aurait pas de problème, qu’il était inutile de réserver, qu’elle n’avait qu’à se présenter à l’embarcad-re quelques heures en avance…
Mais il semblerait que de nombreux Martiniquais partent passer quelques semaines de vacances dans l’exotisme linguistique des îles voisines…

Donc voici Celeste coincée deux semaines en terre francophone, obligée de se trouver d’autres hôtels pas très loin de notre Cocon Mitan (elle n’a pas le permis de conduire, et les transports collectifs sont une misère en Martinique)…
Visiblement adepte de l’optimisme le plus volontaire, elle a formellement décidé qu’elle passerait ici de chouettes vacances quand même !

Eh quoi, la Martinique, pour une Canadienne habituée à 8 mois d’hiver, c’est pas si mal, quand même !

Qu’est-ce qui est petit, rose, et poilu ?

Non, Jérôme.
D’abord, ce à quoi tu penses n’est ni petit, ni vraiment poilu, ni vraiment rose, alors arrête de dire des bêtises que j’entends avant même que tu ne les postes en commentaire ;-)

Ici, ce qui est petit, (étrangement) rose, et (curieusement) poilu, ce sont les petites bananes de notre bananier, qui était pourtant mourant (car attaqué par des hordes sauvages de pucerons et de cochenilles) il y a encore trois semaines, mais qui m’a fait la surprise, après que je l’eusse hardiment défendu à grands renforts d’eau savonneuse, de faire une chouette fleur rose-violette, qui s’est ensuite ouverte petit à petit, dévoilant une spirale de fruits absolument craquants :

On en mangerait, non ?
Enfin en apéro, et vite fait, parce qu’il n’y a pas grand chose à croquer !

Couch-surfing au Cocon Mitan

Aïe aïe aïe… Le travail est l’ennemi du blog !
(Or, le blog est l’ami du Koztoh, et de la Koalate, et de nos familles, et de nos amis, et de tout le monde finalement. Donc le travail est l’ennemi de tout le monde. CQFD.)
Sans m’appesantir sur la joie que j’ai, de travailler 35-heures-par-semaine-à-raison-de-10-heures-par-jour (j’ai dû me tromper dans un calcul lorsque j’ai signé) dans un blockhaus à 45 minutes d’embouteillages de chez moi (le gouvernement ne pourra pas me taxer d’avoir refusé une offre « valable »), je vais essayer de rattraper un peu le retard…

Petite nouveauté début juillet : nous avons accueilli nos tout premiers « couch-surfers » au Cocon Mitan !

Quoi, vous ne connaissez pas le « couch-surfing » (littéralement : « surf sur canapé ») ? Eh bien, tout part de ce site : www.couchsurfing.com, sur lequel je suis inscrit depuis un peu plus d’un an. L’idée est de proposer son propre canapé pour accueillir (gratuitement et sans autres contraintes que celles qu’on se fixe soi-même) des routards de passage. Rendre service, en somme, hors de toute volonté mercantile, et en se donnant ainsi la possibilité de rencontrer des gens a priori sympas et intéressants… Et bien sûr ça marche dans les deux sens, et lors d’un prochain voyage nous n’hésiterons pas à éventuellement contacter des « couch-surfers » (là où on va voyager), pour leur demander s’ils peuvent nous héberger pour une nuit ou deux.

Donc, je nous avais inscrits depuis un peu plus d’un an, mais à l’époque du Téton du Monde, il n’y avait pas vraiment eu de possibilités. Lors de notre propre voyage en Irlande l’an dernier, j’avais contacté une couch-surfeuse en Irlande du Nord, mais un peu trop tard donc on avait finalement trouvé un autre hébergement.
Et depuis notre installation en Martinique, j’avais dû refuser quelques demandes de couch-surfeurs qui débarquaient à un moment peu propice (on avait déjà du monde, où on n’était pas disponibles…).

Mais, enfin, en ce premier week-end de juillet, nous avons accueilli et hébergé Adélaïde et Yohann, un couple de jeunes Grenoblois (le monde est petit), en escale sur notre île avant d’aller bourlinguer en Guyane et au Venezuela…
Nous n’avons malheureusement pas été très disponibles pour eux dans la journée (nous avions programmé une plongée de nuit le vendredi soir – oui j’y reviendrai !, nous devions aller chercher nos nouvelles lunettes samedi – oui, bientôt des photos !, et nous avions une sortie prévue dimanche – oui je vais en causer !…), mais ça ne nous a pas empêché d’avoir quelques bonnes discussions autour des repas que nous avons partagés…

Adélaïde repassera sans doute par chez nous à son retour du Venezuela, tandis que Yohann enchaîne sur une année sabbatique àparcourir l’Amérique du Sud de long en large ! Sacré aventurier !

En tout cas, une rencontre agréable, et une expérience à renouveler !